Le bleu du ciel en hiver

Le blog d'un libraire

01 juin 2009

Leonard Cohen

SOUS MES MAINS

Sous mes mains
tes petits seins
sont les ventres retournés
de moineaux tombés et palpitants.

Chaque fois que tu bouges
J'entends le bruit d'ailes fermées
d'ailes tombées.

Je reste sans voix
car tu es tombée près de moi
car tes cils
sont les squelettes fragiles d'animaux minuscules.

Je redoute l'instant
où ta bouche
m'appellera chasseur.

Quand tu m'appelleras
pour me dire
que ton corps n'est pas beau
je convoquerai
les yeux et les bouches cachées
de la pierre de la lumière et de l'eau
pour témoigner contre toi.

Je veux qu'elles
capitulent devant toi
les rimes tremblantes de ton visage
hors de leurs coffrets profonds.

Quand tu m'appelleras
pour me dire
que ton corps n'est pas beau
je veux que mon corps et mes mains
soient des fontaines
pour tes regards et pour tes rires.


Leonard Cohen in Musique d'ailleurs - Christian Bourgois Editeur (traduction Jean Guiloineau)


Comment expliquer Leonard Cohen à ceux qui ne le connaissent pas ? Insaisissable, déroutant, il finit toujours pourtant par s'imposer comme une évidence. Un texte, une mélodie, une chanson qui vous touche soudain, et dès lors les mots de cet immense poète ne vous quittent plus...
Les Inrockuptibles viennent de lui consacrer un splendide hors série, alors que sa tournée mondiale arrive en France dans les prochaines semaines. SI vous le pouvez, ne le loupez pas : un moment de grace vous attend...

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04 octobre 2008

"Au plus fort de l'orage..."

orage


Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer.
C'est l'oiseau inconnu. Il chante avant de s'envoler.

René Char

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03 octobre 2008

"Et mon cœur n'était que vos pas"... Merci, mon amour...

Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu'ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !… tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l'apaiser,
A l'habitant de mes pensées
La nourriture d'un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d'être et de n'être pas,
Car j'ai vécu de vous attendre,
Et mon cœur n'était que vos pas.

Paul Valery

 

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08 février 2008

L'espoir

caliLe nouvel album de Cali vient de sortir... Un disque magnifique jusque dans ses maladresses, un disque dans lequel, sur chaque chanson, l'auteur donne tout ce qu'il a...

Merci, m'sieur Cali pour tous ces mots qui font mouches... merci plus particulièrement pour "Amoureuse" qui résonne si fort en moi... merci...




Regarde ce sourire qui ne te quitte plus
Il est de cet amour qui vient de t'étrangler
Ou tu n'y croyais plus, ou tu n'y as jamais cru
Et tu tiens là ses doigts étourdie et heureuse

Regarde ce sourire qui ne se sauve plus
Il tend des bras chargés d'éternelle jeunesse
Il t'a cueillie en bas sans flamme et toute nue
Pour t'offrir en beauté le scalp de ta tristesse

Regarde ce sourire qu'on reconnaît partout
Sur un autre il passait et tu étais bien seule
Tu disais qu'il est beau quand elle se tient debout
Sur son bateau en coeur et l'espoir dans la gueule

Amour, amour, amoureuse
Amour, amoureuse
Amour, amoureuse

Regarde tes mains qui tremblent
On ne les retient plus
Elles ont soif, elles ont faim, depuis l'éternité
Attendre attendre attendre, attendre rien du tout
S'enrouler à personne jusqu'à devenir laid

Regarde ton fantôme comme il revient de loin,
Il revient de l'enfer, il revient à l'amour
De se réveiller jeune qu'est-ce que ça fait du bien
D'avoir le ventre en flamme, de refaire l'amour

Regarde ses yeux lancés comme des poignards dorés
Et ils percent ton âme et ils percent ton corps
Vous êtes deux solitudes qui viennent s'embraser
A vous voir si heureux nous sommes encore plus morts

J'imagine vos baisers et vos langues qui brillent
Il faut baisser les yeux, j'attendrai froid mon tour
J'imagine son bonheur dans ton ventre qui brûle
Je suis ivre de honte, tu es si belle en amour

Amour, amour, amoureuse
Amour, amoureuse....


Amoureuse - paroles et musique Bruno Caliciuri 2007

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26 novembre 2007

Il n'y a pas d'amour heureux ...

Anna_Karina

Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
          Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
          Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
          Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
          Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
          Il n'y a pas d'amour heureux
          Mais c'est notre amour à tous les deux

annakarina








Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)
Photos : Anna Karina

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24 octobre 2007

"Ce fut un soir en septembre ...", le 12 septembre 2007 ...

Pour L., ... pour Elle, encore et toujours ...

"(...) J'ai pleuré mes larmes,
Mais qu'il me fut doux,
Oh, qu'il me fut doux,
Ce premier sourire de vous,
Et pour une larme,
Qui venait de vous,
J'ai pleuré d'amour,
Vous souvenez-vous ?

Ce fut, un soir, en septembre,
Vous étiez venus m'attendre,
Ici même, vous en souvenez-vous ?
A vous regarder sourire,
A vous aimer, sans rien dire,
C'est là que j'ai compris, tout à coup,
J'avais fini mon voyage,
Et j'ai posé mes bagages,
Vous étiez venus au rendez-vous,
Qu'importe ce qu'on peut en dire,
Je tenais à vous le dire,
Ce soir je vous remercie de vous,
Qu'importe ce qu'on peut en dire,
Je suis venue pour vous dire,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous..."

Barbara - Ma plus belle histoire d'amour

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Pour L. ...

"tracas et épreuves t'assiègent
mais en quoi pourraient-ils
entraver ta marche

l'obstacle est
ce qui permet
de progresser"


Charles Juliet (Approches)

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11 septembre 2007

Léo Ferré - La mémoire et la mer ...

"... Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude ..."


Léo Ferré - La mémoire et la mer

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