14 février 2008
Freak Angels, par Warren Ellis
17 octobre 2007
Radiohead - In rainbows

Le nouvel album de Radiohead est disponible depuis 7 jours, et c'est d'abord un évènement parce que, pour la première fois dans l'histoire de l'industrie musicale, un group de cette importance décide de ne pas passer par les circuits de distributions habituels et propose lui-même son disque en téléchargement.
Chacun est libre de télécharger le disque, et de verser la somme qu'il souhaite en contrepartie, directement aux membres du groupe ...
Cette démarche pour le moins innovante semble donner des idées à d'autres, puisque le groupe Nine Inch Nail a décidé de tenter une expérience similaire avec son prochain album, et Madonna vient d'annoncer qu'elle quittait Warner Bros et paraît vouloir elle aussi distribuer ces futures chansons hors du canal classique...
Mais le nouvel album de Radiohead est aussi et surtout un évènement musical, sans doute le plus beau et le plus fort album de Tom Yorke et sa bande, à coup sur la bande-son de mes prochaines semaines...
Je vous invite à lire la très bonne critique qu'en propose Fabrice Colin sur son blog ,.. Et surtout, n'oubliez pas d'aller télécharger l'album !
23 avril 2007
Déclaration d'indépendance du cyberespace, un texte de John Perry Barlow
Je viens de retrouver dans mes archives ce texte de John Barlow, ancien parolier des Grateful Dead, fondateur de l'Electronic Frontier Foundation, et inventeur, sinon du terme, tout du moins du concept de Cyberspace.
Bien que datant de 1996, il reste d'une actualité brûlante. Si certaines des idées soumises peuvent sembler utopiques, le développement de Linux sous ses différentes formes et de sa communauté d'utilisateurs attestent de leur viabilité.
Oui, un monde meilleur, fut-il virtuel, est possible !
Enfin, avant de vous laisser lire ce splendide manifeste, je ne résiste pas au plaisir de vous livrer cette citation de NooP relevée sur un forum Ubuntu : "Linux est un système d'exploitation ; Windows est un système qui vous exploite"... A méditer !
De: John Perry Barlow
DECLARATION D'INDEPENDANCE DU CYBERSPACE !
"Gouvernements du monde industrialisé, géants fatigués de chair et d'acier, je viens du cyberspace, le nouveau domicile de l'esprit. Au nom du futur, je vous demande, à vous qui appartenez au passé, de nous laisser en paix. Vous n'êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n'avez aucune souveraineté sur le territoire où nous nous assemblons.
Nous n'avons pas de gouvernement élu, et il est peu probable que nous en ayons un un jour : je m'adresse donc à vous avec la seule autorité que m'accorde et que s'accorde la liberté elle-même. Je déclare que l'espace social global que nous construisons est naturellement indépendant des tyrannies que vous cherchez à nous imposer. Vous n'avez aucun droit moral à nous gouverner, et vous ne possédez aucun moyen de faire respecter votre autorité que nous ayons de bonnes raisons de craindre.
Les gouvernements trouvent le fondement de leur pouvoir légitime dans le consentement des personnes qu'ils gouvernent. Vous n'avez ni sollicité ni obtenu le nôtre. Nous ne vous avons pas invités. Vous ne nous connaissez pas, et vous ne connaissez pas non plus notre monde. Le cyberspace ne se trouve pas à l'intérieur de vos frontières. Ne pensez pas que pouvez le construire comme s'il était un de vos Grands Travaux. Vous n'y arriverez pas. C'est un phénomène naturel qui croît de lui-même, par nos actions collectives.
Vous n'avez pas pris part aux grands débats qui nous ont réunis, et vous n'avez pas non plus créé la richesse de nos marchés. Vous ne connaissez ni notre culture, ni notre éthique, ni les codes non-écrits qui ordonnent déjà notre société mieux que ne pourraient le faire n'importe lequel des règlements que vous prétendez nous imposer.
Vous dites qu'il existe chez nous des problèmes que vous devez résoudre. Vous prenez prétexte de cela pour faire intrusion dans notre espace. Beaucoup de ces problèmes n'existent pas. Là où il y aura de véritables conflits, là où des torts seront effectivement causés, nous les identifierons et nous les traiterons avec nos moyens. Nous sommes en train de mettre en place notre propre Contrat Social. Nous nous gouvernerons en fonction des conditions qui prévalent dans notre monde, pas dans le vôtre. Car notre monde est différent.
Le cyberspace est fait de transactions, de relations et de pensée, circulant en un flot ininterrompu sur nos canaux de communication. Notre monde est à la fois partout et nulle part, mais il ne se trouve pas là où vivent les corps.
Nous sommes en train de créer un monde ouvert à tous, sans privilège ni préjugé qui dépende de la race, du pouvoir économique, de la puissance militaire ou du rang à la naissance.
Nous sommes en train de créer un monde où chacun, où qu'il soit, peut exprimer ce qu'il croit, quel que soit le degré de singularité de ses croyances, sans devoir craindre d'être forcé de se taire ou de se conformer.
Les concepts de votre droit en matière de propriété, d'expression, d'identité, de mouvement et de circonstances ne s'appliquent pas à nous. Ils ont leur fondement dans la matière, et il n'y a pas de matière ici.
Nos identités n'ont pas de corps : donc, contrairement à vous, nous ne pouvons pas faire régner l'ordre au moyen de la force physique. Nous pensons que c'est à travers l'éthique et l'intérêt bien compris de chacun et de la communauté dans son ensemble que va surgir notre mode de gouvernement. Nos identités sont probablement dispersées à travers un grand nombre de vos juridictions. La seule loi que toutes les cultures qui nous constituent seraient prêtes à reconnaître est la Règle d'Or de l'éthique. Nous espérons que nous serons capables de construire nos propres solutions sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous essayez d'imposer.
Aux États-Unis, vous venez aujourd'hui de créer une loi, la loi sur la réforme des télécommunications, qui renie votre propre Constitution et qui est une insulte aux rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, Tocqueville et Brandeis. C'est nous qui devons maintenant faire renaître ces rêves.
Vous avez une peur panique de vos propres enfants, car ils sont nés dans un monde où vous serez à jamais immigrants. Parce que vous avez peur d'eux, vous confiez à vos bureaucraties les responsabilités parentales que vous êtes trop lâches pour exercer vous-mêmes. Dans notre monde, tous les sentiments et toutes les expressions de l'humain, du plus dégradant au plus angélique, font partie d'un tout inséparable, l'échange global des octets. Il n'est pas possible de séparer l'air qui peut éventuellement étouffer certains de ceux qui le respirent de celui qui permet aux oiseaux de voler.
En Chine, en Allemagne, en France, en Russie, à Singapour, en Italie et aux États-Unis, vous essayez de tenir à l'écart le virus de la liberté en érigeant des postes de contrôle sanitaire aux frontières du cyberspace.
Peut-être que ceux-ci empêcheront la contagion un certain temps, mais ils ne fonctionneront pas dans le monde de l'omniprésence des médias transporteurs d'octets.
Vos industries de l'information, de plus en plus obsolètes, cherchent à se perpétuer en proposant des lois, en Amérique et ailleurs, qui ont la prétention de confisquer à leur profit jusqu'à la parole même à travers le monde. Ces lois cherchent à transformer les idées en un produit industriel comme les autres, au même titre que les lingots de fonte. Dans notre monde, tout ce que l'esprit humain peut créer peut être reproduit et distribué à l'infini sans que cela ne coûte rien. La transmission globale de la pensée n'a plus besoin de vos usines pour se faire.
Ces mesures de plus en plus hostiles et colonialistes nous placent dans la même position que les amoureux de la liberté et de l'auto-détermination qui lors d'époques précédentes ont dû rejeter l'autorité de pouvoirs distants et mal informés. Il nous faut déclarer que nos identités virtuelles ne sont pas soumises à votre souveraineté, alors même que nous continuons à consentir à ce que vous gouverniez nos corps. Nous allons nous disperser sur toute la planète de manière à ce que personne ne puisse arrêter nos idées.
Nous allons créer une civilisation de l'esprit dans le cyberspace. Puisse-t-elle être plus juste et plus humaine que le monde qu'ont construit vos gouvernements auparavant."
Davos, Suisse, 8 février 1996
John Perry Barlow
page personnelle: http://www.eff.org/~barlow
Barlow@eff.org
En hommage au souvenir de Cynthia Horner (Dr.) et de Jerry Garcia
11 avril 2007
Ubuntu, une alternative crédible à Windows ?
Avec Vista, Microsoft a fait il me semble une erreur stratégique grave, qui risque pour le coup d'avoir des retombées positives pour le grand public.
En effet, leur campagne cherche à nous faire croire qu'il est impératif de migrer vers le nouveau système d'exploitation, sous peine d'être complètement dépassé dans les mois à venir. Le problème vient que Vista recquiert une machine extrèmement puissante. Les utilisateurs se sentent ainsi pris en otage, dans l'obligation le plus souvent de racheter un nouvel ordinateur (en plus du nouvel OS lui-même, également très cher).
Dans le même temps, il semble que Vista impose de nombreuses contraintes, dont vous trouverez le détail ici .
Mais il existe une alternative : Ubuntu, la version grand public de Linux. J'ai pour ma part sauté le pas il y a quelques jours, et déjà je ne vois pas ce qui pourrait m'inciter à faire marche arrière !
Ubuntu est d'une grande richesse, d'une relative facilité d'utilisation, et remplace avantageusement windows pour la plupart des tâches courantes.
Certes, Ubuntu nécessite une période d'acclimation, et l'usage d'un manuel peu s'avérer utile. Pour ma part, je vous recommande l'ouvrage de Lionel Dricot, "Ubuntu efficace" (Ed. Eyrolles).
Enfin, je vous invite à jeter un coup d'oeil sur les liens suivants : sur son blog, Douglas Rushkoff, l'un des auteurs américains les plus intéressants du moment, explique comment il est passé de Vista à Ubuntu ; Why is Linux better de son côté est un site qui vous explique de manière claire et objective en quoi Linux est meilleur que Windows.
18 mars 2007
Second Life

The sky above the port was the color of television, tuned to a dead chanel... cette phrase, qui ouvre Neuromancien de William Gibson, roman emblématique s'il en est du mouvement cyberpunk, pourrait tout aussi bien servir d'amorce à un article de Warren Ellis, envoyé spécial de Reuters sur Second Life. Et SL est en effet, à bien des égards, l'aboutissement du cauchemar technologique annoncé par Gibson il y a plus de 20 ans !
Mis en ligne en 2003 par Linden Lab, une société californienne, Second Life n'est pas à proprement parler un jeu on-line, mais bien un véritable univers virtuel, dont l'expension est dûe aux membres eux-même qui, par le biais de leurs avatars, vivent là une vie sociale, culturelle, politique, et même professionnelle (sans parler du sexe, dont le commerce tient ici aussi une place importante).
Il y a là un côté conquérant du nouveau monde assez séduisant. Chacun débarque avec un petit pécule et il lui appartient de construire son monde et de forger son identité. Pourtant, disons-le franchement, à moins d'avoir beaucoup de temps à tuer devant soi, SL ne présente guère d'interêt en lui-même.
Mais Second Life est fascinant, en cela qu'il préfigure l'informatique de demain, notre manière d'utiliser l'Internet, la recherche d'informations, et l'apparence des OS, que préfigurent déjà Beryl sous Linux et Vista pour Microsoft. On peut imaginer aisément, par le biais de la domotique, un monde à la fois réel et virtuel, où les passerelles entre les deux univers seraient pour ainsi dire invisibles.
Potentialités énormes donc, mais aujourd'hui sur SL peu de place est faite au développement d'espaces ou d'expériences artistiques et révélateurs du futur, au profit de la reproduction et la mise en scène de fantasmes bien terre à terre : enrichissement personnel, aspect "beautiful people" des avatars (en grande majorité : grands, beaux et blancs !), perversions sexuelles les plus diverses... rien que du très banal et déprimant !
D'autres encore utilisent le vaste territoire de potentialité du jeu pour se construire un espace privé complètement coupé du reste du monde de Second Life, en véritable contradiction avec ce qui fait l'interêt même du projet.
Aujourd'hui, paradoxalement, les apports de SL sont à chercher ailleurs, comme le soulignaient Claire Moulène et Anne-Claire Norot dans un article publié dans les Inrocks n° 585 : "(sur SL) la plupart des évènements se fourvoient dans un conformisme désarmant. Et c'est finalement du côté de la "vraie vie" qu'on trouve les interventions les plus brillantes. En France par exemple, le plasticien et cinéaste Benoît Forgeard (...) concocte actuellement un long métrage en partie inspiré par Second Life (...) Quant aux plasticiens Alain Della Negra et Kaori Kinoshita, ils travaillent eux aussi sur plusieurs projets directement inspirés par Second Life."
Pour finir, il est interessant de noter que pour certains, Second Life a pris le pas sur la vraie vie. C'est là sans doute que cet univers virtuel rejoint les mises en garde de William Gibson évoquées plus haut. Ainsi cet exemple cité par Uther dans le dossier très complet qu'il consacre à Second Life : "Roger Book, ce vieil hippie famélique qui hante les prairies de SL depuis l'automne, était travailleur social à New York avant de partir à la retraite. "J'ai complètement laissé tombé ma vie réelle, je passe tout mon temps ici, au point d'oublier de manger, de dormir ou de sortir. Cet après-midi, j'aurai dû aller manifester contre la guerre. Au lieu de quoi, je suis resté congelé devant mon ordinateur. Je vis seul, je n'ai pas d'amis, une vraie vie de merde. SL a tout changé. Dans le jeu, je peux me marrer avec des potes, fumer toute la dope que je veux. Hier, j'ai passé toute ma journée avec une Philippine, nous avons nagé, pêché, baisé comme des fous, on s'est bien éclaté".
13 septembre 2004
William Gibson – Identification des schémas (Ed. du Diable Vauvert)
Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter William Gibson,
visionnaire de génie auquel la cyber-culture doit largement d’exister
aujourd’hui et qui nous livre ici son 8ème livre.
Ce roman
marque une rupture dans l’œuvre de l’auteur, en cela qu’il ne s’agit
plus de science-fiction, ni même d’anticipation, mais d’un roman dont
l’action nous est contemporaine.
Pour autant, l’histoire de Cayce
Polar, consultante en design chargée de retrouver la trace du
mystérieux auteur de séquences vidéo envoûtantes circulant sur le web
nous montre à quel point le monde et la technologie décrits par Gibson
depuis le début des années 80 au travers de ces premiers romans à
depuis été rejoint par la réalité !
Et l’auteur d’expliquer ainsi son choix d’abandonner l’anticipation, par la voix de l’un de ses personnages :
«
(…) nous n’avons aucun futur. Pas comme nos grands-parents en avaient
un, ou pensaient en avoir un. Les futurs culturels entièrement
imaginables sont un luxe révolu. Ils datent d’une époque où «
maintenant » durait plus longtemps. Pour nous, bien sûr, les choses
peuvent changer si brusquement, si violemment, si profondément, que des
futurs comme celui de nos grands-parents n’ont plus assez de «
maintenant » pour s’établir. Nous n’avons aucun futur car notre présent
est volatil. Nous nous contentons de limiter la casse. De faire tourner
les scénarios du moment. Identification des schémas. »
Identification
des schémas, sorte de polar technologique, nous entraîne de New-York à
Londres, de Paris à Tokyo et jusqu’à Moscou sur un rythme endiablé qui
ne vous quitte pas de tout le livre.
Au passage, Gibson décrit
froidement la mondialisation actuelle, l’empire des marques qu’il
stigmatise parfois violemment, sans cacher dans le même temps la
fascination qu’elles exercent sur nous tous.
Portrait d’une
civilisation en pleine mutation, sur fond de 11 septembre omniprésent,
le livre de Gibson est, bien plus qu’une lecture distrayante et
jubilatoire pour tous ceux qui s’intéressent aux nouvelles technologies
de l’information. C’est aussi la description minutieuse et brillante
d’une société en pleine déliquescence. Et cette fois encore, le nouveau
livre de William Gibson est un incontournable pour qui veut comprendre
l’évolution actuelle du monde occidental.
31 août 2004
Philippe Vasset – Carte Muette (Ed. Fayard)
En ce début de XXIème siècle, l’homme a parfaitement et complètement
circonscrit son territoire. Il n’est pas une lande de terre, un rocher,
une forêt qui ne soit aujourd’hui dûment mesuré et cartographié.
Il reste cependant un territoire mal défini, dont nul ne connaît véritablement la géographie ni les frontières : l’Internet.
Répondant
à un concours lancé par le leader mondial de l’accès à Internet, un
groupe d’explorateur, géographes d’un nouveau genre, se lance alors
dans l’élaboration d’un atlas complet du réseau.
Ils recensent
bientôt tous les lieux d’accès, établissent les points de passage des
câbles de fibre optique et jusqu’aux satellites, mais leur carte reste
parcellaire.
Il faudra bientôt aller plus loin encore, identifier
les usagers, intercepter les mails, les échanges, les transactions,
décrypter les adresses IP, cracker les mots de passe pour finir par
obtenir une carte sans cesse en mouvement, fluctuant au gré des
échanges numériques :
« L’ensemble apparaît comme un vaste
collage. Comme on s’y engage, ce sont d’abord des télescopages, souvent
violents : la verrière de la gare Saint-Lazare crevée par le tunnel des
Facultés qui amène les voitures et les camions algérois dans la salle
des pas perdus parisienne (…) L’immeuble de la banque HSBC à Hong Kong,
illuminé comme un bateau de croisière et dérivant, en pleine nuit,
jusqu’au milieu du camp de réfugiés de Dadaad (Kenya) dont il écarte
les toits de tôle ondulée de son étrave de marbre poli. »
Mais
bientôt, dans une habile métaphore de la mondialisation actuelle, tout
tend à se confondre en un seul et même lieu, uniforme, quadrillé de
données numériques.
Avec Carte muette, Philippe Vasset nous livre un
court et ambitieux roman épistolaire d’un genre nouveau, où tous les
échanges retranscrits sont des e-mails.
Vasset pousse l’exercice à son paroxysme, à grand renfort de jeux typographiques et
d’adresses électroniques (tous les intervenants ne sont désignés que
sous cette forme : nous ignorerons jusqu’au bout leurs véritables
identités).
L’exercice était périlleux, et de prime abord, le livre paraît n’être qu’un vain exercice de style.
C’est
pourtant à bien y regarder une véritable réussite, un joli tour de
force stylistique, sorte de poème en prose électronique, un texte
ramassé, aux élans lyriques et une vraie réflexion sur la nouvelle
organisation de notre monde « devenu une étendue omnisciente, lieu
d’inscription d’une mémoire absolue. L’œil, le nom, la carte et le
territoire désormais confondus, équivalents ».


