Philippe Castelneau

libraire et auteur

29 juin 2008

Guerre à Harvard - Nick McDonell (ed. Flammarion)

On a beaucoup parlé du phénomène McDonell lors de la parution de ses deux premiers livres, Douze et Troisième frère, que personnellement je n'ai pas lu.
Rappelons que McDonell n'avait que 17 ans lors de la parution du premier, qui dressait le portrait sans concession d'une jeunesse "upper class" désabusée. On n'avait alors pas hésité à le comparer à Brett Easton Ellis et Jay McInerney.

mcdonell


L'auteur connaît bien son sujet, puisqu'il est lui même issu d'un milieu aisé. Son père, Terry McDonell est le rédacteur en chef du magazine Sports Illustrated, et l'ami de personnalités aussi diverses que Hunter S. Thompson, Richard Price, P.J. O'Rourke ou McInerney justement, qui tous y sont allés de leur petite phrase pour soutenir les livres de Nick.
Ajoutons que le beau-père de l'auteur est Morgan Entrekin, qui détient Grove/Atlantic Inc., la maison-mère de Grove press, qui a publié l'édition originale de Douze.
De là à dire que le succès de l'auteur est fabriqué de toutes pièces, il n'y a qu'un pas, mais j'ai tendance à croire que ce serait un peu trop facile : McDonell possède en effet un certain savoir faire et un style qui lui est propre.

Début septembre sortira son troisième livre, Guerre à Harvard, qui semble-t-il n'a pas été publié avant en langue anglaise.
Nick McDonell traite ici de ses années à Harvard, dans le contexte d'une guerre en Irak de moins en moins populaire. Il n'est pas directement question ici du conflit, omniprésent dans l'ouvrage mais rarement cité, mais plutôt du quotidien des étudiants, le quotidien triste et ennuyeux d'une jeunesse supposément dorée qui se cherche en vain, un quotidien rythmé par les soirées, la drogue et les cours. L'auteur ébauche le portrait de quelques figures de ces années-là, Quinn et Izzy, un couple en plein naufrage, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, ou encore Will, engagé comme réserviste. On y croise aussi des agents de la CIA venus faire du recrutement, et quelques vieilles figures emblématique de la prestigieuse université.

Mais cette jeunesse s'ennuie, et cet ennui transpire du livre et touche malheureusement le lecteur. Le livre est court cependant (95 pages), et assez éloquent sur son sujet. Et surtout, on peut s'interroger quant à l'avenir de nos sociétés lorsque l'on sait que ce sont ces jeunes gens qui demain prendront les rênes du pouvoir. Car ne nous trompons pas, cette jeunesse bourgeoise américaine n'est pas si différente de la notre...


Posté par castelneau à 09:10 - littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juin 2008

L'homme qui marchait sur la lune - Howard McCord (Ed. Gallmeister)

gallmeister2

Il y a déjà quelques mois, je vous parlais du splendide livre de Rick Bass, le livre de Yaak, publié par les éditions Gallmeister.
Depuis maintenant trois ans Olivier Gallmeister anime seul avec passion et un grand professionnalisme sa maison d'édition, spécialisée dans le "nature writing" avec quelques excursions dans le polar.
Chaque livre qu'il publie est un petit bijou d'écriture, à la traduction toujours impeccable qui constitue aussi un très bel objet tant la maquette de chaque ouvrage est peaufinée avec soin.

Pour la rentrée de septembre, Olivier publie le 25 août prochain un roman incroyablement fort d'Howard McCord, L'homme qui marchait sur la lune.
mccordA l'instar du poète Richard Hugo qui n'a écrit qu'un roman (La mort et la belle vie, un immense classique qu'il vous faut lire sans plus attendre si ce n'est déjà fait), Howard McCord a écrit de nombreux recueils de poésies, mais seulement une oeuvre de fiction, que voici enfin en français.
La lune, c'est une montagne située au coeur du Nevada, qu'arpente inlassablement William Gasper, vétéran de la guerre de Corée et ancien tueur à gage de l'armée américaine.
Tandis qu'il entame une nouvelle ascension, il s'aperçoit qu'un homme est sur ses traces... En nous livrant les pensées et les souvenirs, parfois réels, parfois hallucinés, de William Gasper, l'auteur dresse le portrait d'un homme étrange, ascète quasi mystique, mais aussi extrêmement dangereux... Un livre brillant, qui n'est pas sans rappeler ceux de Cormac McCarthy.

Et en attendant la rentrée, vous pouvez bien entendu piocher dans le catalogue Gallmeister, vous y trouverez de véritables pépites !
En vrac, je vous recommande, outre le Rick Bass, La sanction de Trevanian, Une guerre dans la tête de Doug Peacock, ou encore Le gang de la clef à molette d'Edward Abbey...

Posté par castelneau à 23:34 - littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2008

Grégoire Bouillier - Cap Canaveral - Ed. Allia

Cap_Canaveral_1_Un auteur en déplacement dans une ville de province croit séduire une jeune lectrice et se laisse entraîner par elle dans son appartement. Mais qui manipule qui, dans cette histoire ? Un petit bijou d'humour noir, servit par une très belle écriture.

Ce joli petit ouvrage, élégant et raffiné, est le premier d'une nouvelle collection de livres à seulement trois euros que viennent de lancer les éditions Allia, dont la démarche mérite d'être amplement encouragée. Voici ce que dit le communiqué de presse :


3€, c’est le prix d’un demi, la moitié d’un paquet de cigarettes, une somme qu’on a toujours sur soi et qu’on dépense sans craindre les fins de mois difficiles. Un livre à 3 euros, c’est une invitation à satisfaire immédiatement son désir, sa curiosité. C’est un moyen d’accéder à la culture en évitant les pièges du numérique, gratuit, certes, mais non
sélectif et souvent peu fiable. On observe aujourd’hui, avec ces nouveaux supports, une forme de boulimie de consommation culturelle. Pourtant, il est évident que l’assimilation de ces produits d’accès illimité dépasse largement les capacités d’un individu, et entraîne un manque de maîtrise de la connaissance, favorise et révèle une approche intellectuelle mal structurée. Le livre demeure le seul rempart contre ces dérives, la seule façon de reprendre possession de nos capacités de discernement, de faire un choix véritablement personnel. Or, le prix des livres freine de plus en plus l’acte d’achat. Une collection à 3€ autorise le lecteur à prendre un risque (ce que l’accès à la culture gratuite est en train de faire disparaître) et provoque une excitation sensible et presque sensuelle. (...) Tout se joue maintenant : au moment même où les pratiques de lecture changent. Si l’introduction du numérique a modifié l’accès à la culture : lancer une collection à 3 euros, c’est façonner, à long terme, des habitudes de lecture déterminantes, en particulier pour les jeunes générations. En réconciliant un large public avec le livre grâce à une telle collection, on invente une nouvelle forme de transmission durable.

Posté par castelneau à 21:05 - littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 juin 2008

La rentrée du Diable !

A cette période de l'année, les libraires croulent sous les épreuves des textes à paraître fin août et dont les éditeurs espèrent faire "le coup" de la rentrée littéraire. Il y a toujours un côté très excitant à recevoir et lire tous ces livres avant tout le monde, mais aussi, avec les années, une certaine lassitude, tant beaucoup de ces ouvrages manquent cruellement d'intérêt.

En rentrant chez moi hier, je découvrais dans ma boîte aux lettres deux ouvrages de mes amis du Diable Vauvert, le prochain Poppy Z. Brite : "Alcool" qui paraîtra le 4 septembre et qui de prime abord s'annonce comme un grand cru, si je puis dire, et le nouveau roman de Régis de sà Moreira : "Mari et femme".

J'ai commencé distraitement ce livre tout en mangeant, et je l'avoue, j'ai eu beaucoup de mal à le lâcher une heure plus tard pour retourner travailler. De retour chez moi le soir, je me suis empressé de le reprendre pour le finir d'une traite.
Disons-le d'emblée, ce bouquin est une vraie réussite, très drôle et en même temps bien plus profond qu'il n'y paraît de prime abord.
Un couple au bord de la rupture se réveille un matin chacun dans le corps de l'autre. L'auteur nous décrit avec beaucoup  d'humour et de sensibilité cette découverte pour le moins étrange de l'autre et les sentiments contradictoires qui animent nos deux personnages.

Tout sonne toujours juste et l'on s'amuse beaucoup, mais au-delà de ça, ce livre nous délivre un message profondément humaniste qui personnellement m'a fait un bien fou. Le livre sort le 25 août prochain, ne le loupez-pas !

bn_diable

Posté par castelneau à 12:47 - littérature - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mai 2008

L'original de Laura

laura_nabokov


A sa mort, en juillet 1978, Vladimir Nabokov travaillait sur un nouveau livre, "The original of Laura : dying is fun". Il laissera son manuscrit inachevé, quand bien même dans sa tête le livre était terminé. Ainsi l'auteur confiait au New-York Times dès 1976 que "dans mon délire diurne, je le lisais à haute voix à un petit auditoire rêvé dans l'enceinte d'un jardin muré. Il y avait là des paons, des pigeons, mes parents morts depuis longtemps, deux cyprès, quelques jeunes infirmières accroupies, et un médecin de famille si vieux qu'il en était presque invisible."

Dans son testament, Nabokov demandait à sa femme Véra de brûler tout document inachevé de sa main, ce qu'elle ne put jamais se résoudre à faire. A sa mort, en 1991, c'est à son fils Dimitri qu'échoua la responsabilité de détruire ou non le manuscrit de Laura. Aujourd'hui, il se décide à le faire publier, estimant que son père n'aurait sans doute pas souhaité que son texte disparaisse à tout jamais, s'il avait eu le temps d'y réfléchir sereinement.

On ignore encore quand sortira le livre et sous quelle forme, mais ce que l'on sait, c'est que bien que fragmentaire, cet ouvrage présente un Nabokov au sommet de son art, un chef d'oeuvre en devenir qu'il nous appartiendra maintenant de finir de rêver...



Photo : L'original de l'ouvrage de Vladimir Nabokov, "Laura" photographié par Alexei Konovalov dans la banque de Montreux où il est conservé.
La photo et la citation de Vladimir Nabokov sont extrait du site du journal Le Monde.

Posté par castelneau à 19:41 - littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 décembre 2007

La route - Cormac McCarthy (ed. de l'Olivier)

AllthePrettyHorsesDans un pays dévasté, après l'apocalypse, un homme et son fils voyagent à pied sur une route en direction de la mer. La route est longue, et il leur faut affronter le froid, la faim, la maladie et des groupes de pillards devenus cannibales ...

Le nouveau livre de Cormac McCarthy qui sort ces jours-ci est un texte immense, aux relents bibliques, un roman proprement bouleversant que plusieurs relectures ne parviendront pas à épuiser.
De toute évidence, c'est le livre qui marquera l'année 2008 ...


"Il s'était réveillé avant l'aube et regardait poindre le jour gris. Lent et presque opaque. Il se leva pendant que le petit dormait et il mit ses chaussures et enveloppé dans sa couverture il partit entre les arbres. Il descendit dans une anfractuosité de la paroi rocheuse et là il s'accroupit et se mit à tousser et il toussa pendant un long moment. Puis il resta agenouillé dans les cendres. Il leva son visage vers le jour pâlissant. Il chuchota : Es-tu là ? Vais-je te voir enfin ? As-tu un cou que je puisse t'étrangler ? As-tu un coeur ? Maudit sois-tu pour l'éternité as-tu une âme ? Oh Dieu, chuchotait-il. Oh Dieu."




La route - Cormac McCarthy (les éditions de l'Olivier - 2008)

Posté par castelneau à 13:13 - littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 décembre 2007

Julien Gracq est mort

JulienGracq

Julien Gracq est mort samedi à 97 ans, et les hommages sans doute vont se succéder. Tant mieux s'ils donnent envie à certains de découvrir une oeuvre magnifique, l'une des plus brillante du siècle passé ...

Moi, je suis triste de voir partir celui que je regardais de façon un peu naïve comme mon "écrivain préféré".
Permettez que je vous donne un court extrait d'un de ses livres, et qui me semble bien à propos :

"Personne, sans doute, n’écrit réellement pour la postérité (dont il n’est au pouvoir de personne, en 1964, de deviner quelle figure elle pourra bien prendre, ne fût-ce que dans quelques années). Je ne crois pas non plus que la postérité soit pour l’écrivain une "illusion commode" – je crois qu’il en use, plutôt, sans y croire vraiment, comme d’un artifice de procédure pour maintenir son procès ouvert – un procès qu’il ne peut envisager de perdre : ainsi Jeanne d’Arc en appelait au pape et Luther au concile : sans excès de conviction, m’a-t-il toujours semblé. La vérité est qu’il y a probablement dans l’écrivain, à certains moments privilégiés où il tourne vers ce qu’il fait, un regard qui lui paraît naïvement intemporel, un fou qui sait, qui a raison contre tous les autres, présents ou futurs, et à qui la postérité même apparaît pour le juger sans justification suffisante. La postérité, avec ses goûts et ses jugements, ce n’est après tout que la littérature militante de demain – lui, dans ses moments, il est sur un autre plan : il s’intègre d’emblée à la littérature triomphante."
(Julien Gracq - Lettrines)
 

Je vous invite enfin à visiter le site des éditions José Corti, son éditeur de toujours.

 

Posté par castelneau à 23:00 - littérature - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 novembre 2007

L'amour est un songe, faisons-le" (Alina Reyes - La chasse amoureuse)

reyes2En attendant le prochain livre d'Alina Reyes, La jeune fille et la vierge, qui sortira en janvier 2008 aux éditions Bayard, vous pouvez lire avec profit La chasse amoureuse, qui vient de sortir au format poche aux éditions Pocket.
On y retrouve les thèmes chers à notre auteur, et son style si particulier, si percutant, si séduisant ...


" (...) le monde des hommes est devenu si vulgaire et oppressant que beaucoup vont essayer de rejoindre leur âme, trouver en eux-mêmes le silence... se retourner vers les arts, la musique, la pensée, la littérature, la nature ... l'amour ... et ce dont ils sont privés, la noblesse et la merveilleuse beauté de la vie ..." (P. 113)

"Il s'agit d'aller d'un bout à l'autre du spectre de soi-même ; puis d'en revenir ou de passer de l'autre côté du fleuve, une fois apparue la révélation dans toute sa lumière. Voilà mon histoire, une perpétuelle épiphanie, les Rois mages c'est moi, guidée par l'étoile du Berger c'est vers toi et moi que je vais, les dieux vivants que nous sommes tous deux". (P. 175)





Alina Reyes - La chasse amoureuse (éditions Pocket)

Posté par castelneau à 23:39 - littérature - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 octobre 2007

"Quand Haenel pâture Reyes..."

J'ai parlé ici du livre d'Haenel, "Cercle", que j'ai beaucoup aimé. Mais il apparaît aujourd'hui de façon flagrante que cet ouvrage "emprunte" beaucoup de ses thèmes à l'oeuvre d'Alina Reyes.
C'est déçevant, triste et affligeant.
Je vous invite à lire ici le détail de cette affaire, la presse se refusant à se faire écho de ce vol manifeste, tant semble t-il les journalistes ont d'interêts à préserver auprès de certains éditeurs...
Mais surtout, je vous invite de nouveau à lire "Forêt profonde", le dernier et sublime livre d'Alina Reyes... LE livre de la rentrée, celui dont personne ne parle mais le seul aussi peut-être qui mérite d'être lu...

Posté par castelneau à 14:59 - littérature - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 septembre 2007

Cercle, de Yannick Haenel

01057298366"C'est maintenant qu'il faut reprendre vie".

Cette phrase - qui résonne comme une formule magique -, constitue en quelque sorte le leitmotiv de ce magnifique livre, un récit ample et ambitieux, qui nous narre la longue dérive hallucinée d'un homme que plus rien ne retient, à travers Paris et l'Europe de l'Est.
Quête spirituelle, artistique et érotique, réflection sur l'art, la poésie, la littérature et l'Histoire, ce roman m'a profondément touché.

J'ai ressenti pour ce livre ce que son narrateur ressent à la lecture de Melville :
"Je me disais : ce livre tombe à pic ; comme tous les livres, comme ces livres qui sont vraiment des livres, il arrive au bon moment. A ce qui s'ouvre, un livre répond par ce qui s'ouvre. Il ouvre à ce qui s'ouvre - et vous confirme le chemin. En lisant Moby Dick, j'avais la sensation d'entendre mieux ma propre tête, d'en entendre plus clairement la musique. Grâce aux phrases de Moby Dick, ma tête, frottée aux vagues, elle s'éclairait".


Ne boudons pas notre plaisir ! Voici deux autres extraits de ce texte splendide :
"Je profite de la nuit pour le dire en murmurant : il y a dans le féminin quelque chose à quoi seul un homme accède. Quelque chose dont il s'empare. C'est le secret de ce livre : comment le yang trouve dans le yin sa pâture, et par elle se change en divinité bizarre."

"(...) Je me sens bien. Le trou de la serrure accueille mes visions, je suis heureux avec lui. Alors, bien sûr que je l'hallucine, ce bonheur, mais à côté d'une hallucination, tout le reste semble mort. Ce que vous appelez la vie, c'est un vieux filigrane, tout ridé. La plupart des vies sont vécues d'avance, elles s'exténuent dans la rengaine, avec ce qu'il leur faut de vice pour supporter la nullité. Mais quand ça s'ouvre, quand les visions scintillent, plus rien n'existe à côté d'elles. Alors appelez ça des "hallucinations", ça ne les empêchera pas de régner. Qu'elles vous offrent un spectacle à vomir, ou la joie des clartés, c'est pareil. L'horreur et les féeries communiquent. Ce qui compte, c'est le trou que ça fait dans la "réalité". Ce trou vous libère de la fausse vie qu'on organise pour vous, celle qui vous tient dans les rails pour que ça fonctionne. Vous ne croyez pas que votre vie participe au fonctionnement ? Bien sûr que si elle participe, comme toutes les vies. Vous êtes prévu au programme - vous aussi, vous fonctionnez. Mais lorsque la vision gicle : soudain, ça se brise. Le processus, voici qu'il s'interrompt. Votre corps ne dit rien, n'affirme rien, ne revendique rien : il est lui-même l'interruption."

Je signale à toutes fins utiles que les éditions Gallimard proposent sur leur site une inteview très éclairante de l'auteur.




Cercle - Yannick Haenel - Editions Gallimard / L'Infini 2007 - 21 €

Posté par castelneau à 22:29 - littérature - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1  2  3   Page suivante »