09 mai 2008
L'original de Laura

A sa mort, en juillet 1978, Vladimir Nabokov travaillait sur un nouveau livre, "The original of Laura : dying is fun". Il laissera son manuscrit inachevé, quand bien même dans sa tête le livre était terminé. Ainsi l'auteur confiait au New-York Times dès 1976 que "dans mon délire diurne, je le lisais à haute voix à un petit
auditoire rêvé dans l'enceinte d'un jardin muré. Il y avait là des
paons, des pigeons, mes parents morts depuis longtemps, deux cyprès,
quelques jeunes infirmières accroupies, et un médecin de famille si
vieux qu'il en était presque invisible."
Dans son testament, Nabokov demandait à sa femme Véra de brûler tout document inachevé de sa main, ce qu'elle ne put jamais se résoudre à faire. A sa mort, en 1991, c'est à son fils Dimitri qu'échoua la responsabilité de détruire ou non le manuscrit de Laura. Aujourd'hui, il se décide à le faire publier, estimant que son père n'aurait sans doute pas souhaité que son texte disparaisse à tout jamais, s'il avait eu le temps d'y réfléchir sereinement.
On ignore encore quand sortira le livre et sous quelle forme, mais ce que l'on sait, c'est que bien que fragmentaire, cet ouvrage présente un Nabokov au sommet de son art, un chef d'oeuvre en devenir qu'il nous appartiendra maintenant de finir de rêver...
Photo : L'original de l'ouvrage de Vladimir Nabokov,
"Laura" photographié par Alexei Konovalov dans la banque de Montreux où
il est conservé.
La photo et la citation de Vladimir Nabokov sont extrait du site du journal Le Monde.
