29 décembre 2007
La route - Cormac McCarthy (ed. de l'Olivier)
Dans un pays dévasté, après l'apocalypse, un homme et son fils voyagent à pied sur une route en direction de la mer. La route est longue, et il leur faut affronter le froid, la faim, la maladie et des groupes de pillards devenus cannibales ...
Le nouveau livre de Cormac McCarthy qui sort ces jours-ci est un texte immense, aux relents bibliques, un roman proprement bouleversant que plusieurs relectures ne parviendront pas à épuiser.
De toute évidence, c'est le livre qui marquera l'année 2008 ...
"Il s'était réveillé avant l'aube et regardait poindre le jour gris. Lent et presque opaque. Il se leva pendant que le petit dormait et il mit ses chaussures et enveloppé dans sa couverture il partit entre les arbres. Il descendit dans une anfractuosité de la paroi rocheuse et là il s'accroupit et se mit à tousser et il toussa pendant un long moment. Puis il resta agenouillé dans les cendres. Il leva son visage vers le jour pâlissant. Il chuchota : Es-tu là ? Vais-je te voir enfin ? As-tu un cou que je puisse t'étrangler ? As-tu un coeur ? Maudit sois-tu pour l'éternité as-tu une âme ? Oh Dieu, chuchotait-il. Oh Dieu."
La route - Cormac McCarthy (les éditions de l'Olivier - 2008)
23 décembre 2007
Julien Gracq est mort

Julien Gracq est mort samedi à 97 ans, et les hommages sans doute vont se succéder. Tant mieux s'ils donnent envie à certains de découvrir une oeuvre magnifique, l'une des plus brillante du siècle passé ...
Moi, je suis triste de voir partir celui que je regardais de façon un peu naïve comme mon "écrivain préféré".
Permettez que je vous donne un court extrait d'un de ses livres, et qui me semble bien à propos :
"Personne, sans doute, n’écrit
réellement pour la postérité (dont il n’est au pouvoir de personne, en
1964, de deviner quelle figure elle pourra bien prendre, ne fût-ce que
dans quelques années). Je ne crois pas non plus que la postérité soit
pour l’écrivain une "illusion commode" – je crois qu’il en use, plutôt,
sans y croire vraiment, comme d’un artifice de procédure pour maintenir
son procès ouvert – un procès qu’il ne peut envisager de perdre : ainsi
Jeanne d’Arc en appelait au pape et Luther au concile : sans excès de
conviction, m’a-t-il toujours semblé. La vérité est qu’il y a
probablement dans l’écrivain, à certains moments privilégiés où il
tourne vers ce qu’il fait, un regard qui lui paraît naïvement
intemporel, un fou qui sait, qui a raison contre tous les autres,
présents ou futurs, et à qui la postérité même apparaît pour le juger
sans justification suffisante. La postérité, avec ses goûts et ses
jugements, ce n’est après tout que la littérature militante de demain –
lui, dans ses moments, il est sur un autre plan : il s’intègre d’emblée
à la littérature triomphante."
(Julien Gracq - Lettrines)
Je vous invite enfin à visiter le site des éditions José Corti, son éditeur de toujours.
